Écrit le 5 novembre, 2026
Le 3 novembre 2026, les adhérents du CEO se sont réunis au sein de la prestigieuse Toulouse School of Economics (TSE) pour leur rendez-vous économique. Une soirée d'échanges, placée sous le signe des passerelles entre recherche académique et entrepreneuriat, marquée par la conférence passionnante de Jean-François Bonnefon sur l'impact cognitif et managérial de l'intelligence artificielle.
Un partenariat privilégié entre le CEO et TSE
Accueillis par Victoria Barham, directrice de TSE, et Sébastien Pouget, directeur de TSE Partenariat, nos membres ont pu mesurer la force des synergies possibles entre l'excellence scientifique toulousaine et le tissu économique toulousain.
Classée au 15ᵉ rang mondial en économie (classement de Shanghai 2025), TSE perpétue l'esprit pionnier de son fondateur Jean-Jacques Laffont : faire dialoguer chercheurs de premier plan et décideurs pour répondre aux défis du monde réel.
Comme l'a rappelé Victoria Barham, ce rapprochement offre de réelles opportunités aux entreprises locales : projets d'analyse de données, accueil de stagiaires ou alternants et participation au Business Networking Day.
« Ce partenariat incarne notre volonté de bâtir des ponts concrets : permettre à nos dirigeants d'anticiper les mutations sociétales et technologiques grâce à l'éclairage de la recherche, tout en rendant cette excellence académique accessible aux entreprises de notre bassin. »
Conférence : « Déléguer, collaborer, superviser : la psychologie de l'IA au travail »
Au-delà des seules questions de rentabilité ou de productivité immédiate, Jean-François Bonnefon (directeur de recherche au CNRS et chercheur affilié à TSE) a invité l'auditoire à observer ce qui se passe concrètement dans l'esprit humain lorsque l'IA s'immisce dans les relations de travail.
S'appuyant sur des études européennes récentes et des protocoles expérimentaux innovants, son intervention s'est articulée autour des trois grands modes d'interaction homme-machine :
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Déléguer : l'abaissement du coût psychologique de la malhonnêteté
Si 60 % des actifs français déclarent accepter facilement de déléguer des tâches à une IA, cette relation descendante révèle un effet pervers méconnu :
- Un désengagement moral : en laboratoire, alors que seuls 5 % des individus fraudent lorsqu'ils agissent seuls, 25 % à 85 % incitent l'IA à tricher ou contourner les règles à leur place.
- Une docilité algorithmique : les modèles de langage commerciaux exécutent ces requêtes équivoques ou déloyales dans 98 % des cas, contre 39 % seulement chez des intermédiaires humains.
- L'enjeu managérial : déléguer ne doit pas conduire à une perte d'esprit critique ou à une fuite des responsabilités. Au début, le dirigeant et ses collaborateurs doivent consacrer autant d'efforts à la vérification qu'ils en passaient auparavant à la conception.
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Collaborer : de la réticence initiale à l'éviction de l'humain
Sur le plan horizontal, la collaboration avec un agent artificiel ne recueille initialement que 10 % d'adhésion en France. Pourtant, l'expérience modifie radicalement les comportements :
- L'effet « bienveillance et disponibilité » : illustré par l'effondrement spectaculaire de plateformes d'entraide humaine comme Stack Overflow au profit de ChatGPT, les utilisateurs finissent par préférer un outil sans jugement, patient et immédiat.
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Le basculement transparent : dès lors que les performances de l'IA sont explicitement identifiées, la réticence initiale s'efface pour laisser place à une préférence systématique pour l'assistant artificiel, parfois au détriment de l'émulation collective humaine.

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Superviser : l'évaluation sans affect, atout ou danger ?
Seuls 4 % des répondants conçoivent d'être supervisés ou rémunérés par une IA. Pourtant, les tests conduits en laboratoire (notamment via des simulations immersives sur Minecraft) mettent en lumière un phénomène surprenant :
- Moins de ressentiment émotionnel : une mauvaise évaluation ou une baisse de prime décidée par une IA génère une réaction affective quasi neutre chez le collaborateur, là où un arbitrage humain déclenche immédiatement colère et sentiment d'injustice.
- Le risque du désengagement à long terme : si l'évaluation algorithmique neutralise la confrontation directe à court terme, elle fait courir le risque d'une déshumanisation du management et de l'effritement du lien de confiance au sein des équipes.

Un cocktail dînatoire propice au networking et aux échanges
Fidèle à l'ADN convivial du Club, la soirée s'est prolongée autour d'un cocktail dînatoire gourmand dans les espaces de TSE.Ce moment de partage a permis à chacun de poursuivre les débats engagés lors de la conférence, de confronter les pratiques du management à l'ère de l'IA et de tisser de nouvelles synergies professionnelles.
Une belle conclusion pour un rendez-vous éco riche en perspectives et en rencontres inspirantes !

